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Alors ça y est, exit "Pour que ça change fort" et "Plus juste, la France sera plus forte". Désormais, et pour les quatre prochaines semaines, le slogan officiel de Ségolène Royal sera : "La France présidente". Ce slogan veut porter l'idée qui c’est  dégagé des fameux et prolifiques débats participatifs; que tout le monde prend son avenir en main et doit être acteur du changement. Qu'en quelque sorte, c'est toute la France et ses 64 millions d’âmes qui sont « présidente » si, bien entendu, Ségolène est élue ! Dans le cas contraire, ces âmes resteront alors où elles sont…Ce qui est plus que probable (sic).
Simultanément, (zé souis l’avocate del diablo) ce serait une référence au choix d'une femme pour diriger le pays d’une  société en mouvement, que dis-je au galop ! Peut-être - peut-être, mais reconnaissez qu’il faut une sacrée dose d'imagination (que je m’accorde parfois)! Il me semble qu’il s’agit surtout d’un slogan creux, une phrase qui ne veut rien dire, juste bonne à scander dans les manifs et qui finalement sonne mal ! J'entend d’ici 100 000 braillards (Je sais 100 000 c’est très exagéré) scander « UNE France PRÉSIDENTE… UNE France PRÉSIDENTE » Ce "gingle" n’est que du vent, à l’image de sa campagne sans consistance, marqué par des doutes, des défections, des prises de consciences et surtout son incompétence masquée. Je devine à l’avance, après la bataille du 2 e tour - qui sera d’ailleurs le Waterloo de la gauche -, l’amertume de ces trop fameux éléphants à l’égard de cette candidate hautaine, à jamais discréditée par leurs jugements rétrospectifs pour cette campagne laborieuse faite de reniement des idéaux de gauche.  Il y a deux ou trois jours, j’ai lu avec intérêt l’interview d’Eric Besson - ex vaillant soldat du parti socialiste -. Littéralement porté au pinacle il n’y a pas 20 jours par tous ces pachydermes du social-Ïsme, expliquer sans esbroufe et avec des accents de sincérité, comment ces militants et ces dirigeants s'enfoncent dans le mensonge, comment ils camouflent leurs doutes, comment ils se couchent tous les soirs dans le malaise de ceux qui vivent dans l'insincérité et se lèvent tous les matins en se disant que ça finira par aller mieux. Ce déchirement-là, ces doutes, Éric Besson les restitue avec justesse. Une scène qu'il raconte mérite aussi d’être mentionné. À la veille de sa démission, il participe à une réunion du bureau national du parti socialiste. Pierre Mauroy raconte-t-il, «  Vous savez ce grand notable Lillois, suffisant, éternellement auto satisfait, imbu de sa personne et qui fût sans doute le plus mauvais 1 e ministre de notre pays, (années 81 – 83,il faut l’avoir vécu) » prend la parole et dans cette intervention, ce gros lard bedonnant conseille avec une grandiloquence et une suffisance qui lui est coutumière de ne pas s'embarrasser de trop de réalisme politique, de viser d'abord l'efficacité et pour cela de s'adresser aux électeurs visés sans craindre l'approximation ni lésiner sur les promesses.
Voyez ici amis lecteur, le symbole de ce reniement qu'a effectué le parti socialiste depuis ces 20 dernières années. C’est ce double discours, cet écart permanent entre une action et sa théorisation, qui constitue  la maladie incurable dont souffre le socialisme français. Gestionnaire de l'économie de marché au pouvoir, mais révolutionnaire et doctrinaire dans l'opposition; dure dure l’ambivalence et la contradiction ! Ségolène Royale… What else !

Dimanche 25 mars 2007
- Par Jean-François de Peretti
Publié dans : OPINION
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