Égypte - Le Caire - Palais Manial 1973.
Un matin,
je me suis aperçu que je vivais,
j’avais onze ans.
"Oups ! j’ai fait une faute d’orthographe" .
Je me souviens de cette
belle matinée d’automne, bercé par
les odeurs exotiques et musquées.
Des Bougainvilliers, lierres grimpant
et lauriers odoriférants.
Le club Méditerranée était
dans ces temps de fêtes,
un lieu d’insouciances
et de quêtes.
Un endroit que les enfants
n’étaient pas en age d’apprécier,
ne pouvant profiter de la totalité
des loisirs proposés.
Je connaissais mal ma mère, Annick.
Moins bien encore Thierry,
l’homme qui vivait avec elle
et de douze ans son cadet.
Je les confondais affectivement
avec quelques Gentils Moniteurs,
amusés à me jeter dans la piscine
et inconsciemment sensibles
à mon désintérêt affiché
pour ce couple somptueux
qu’étaient mes nouveaux parents.
Je regardais cette femme amoureuse
d’un autre homme que mon père,
décédé lorsque j’avais deux ans.
Cet amour la rendait belle,
insouciante, rieuse et extraverti.
Lui n’était qu’un adolescent de 23 ans.
Nous serions un jour si proche.
Ces gens beaux me gênaient
sans que je puisse exprimer pourquoi.
La beauté vous a-t’elle gênait un jour ?
La beauté nous fait-elle peur ?
Sartre disait :
« La beauté est une contradiction voilée ».
Vendredi 6 janvier 2006
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00:53
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Par J-F de Peretti
Publié dans : AUTOBIOGRAPHIE